mercredi 6 août 2008

Hit the road, Barack ! Obama à la rencontre des Américains…et du reste du monde

Son tour des Etats-Unis ressemblait déjà à une tournée de rock star : le 9 juillet à New York, le 11 à Kansas City, le 16 à Chicago …Barack Obama avait promis au début des primaires de se rendre dans chacun des 50 états d’Amérique pour aller " à la rencontre des Américains ". Mission presque accomplie avec 49 états parcourus en 18 mois, seul l’Alaska manquant pour l’instant à l’appel (il a promis de s’y rendre, une fois élu président !). Parcours décidément aussi ambitieux qu’impressionnant pour cet ancien enfant métisse qui a passé son enfance à Hawaii et en Indonésie et n’avait pas posé les pieds sur le continent avant ses onze ans. S’il est certes de coutume pour un aspirant président de sillonner le pays, le candidat démocrate avait prévu des arrêts hautement stratégiques, des états-clé que les démocrates n’ont pas remporté depuis des années comme le Montana, la Virginie, le Nord Dakota ou encore la Caroline du Nord dont est pourtant issu un ancien favori démocrate, John Edwards. Des bastions ouvriers, blancs, surtout qui avaient massivement soutenu Hillary Clinton au cours des primaires.

" Sur la route ", c’est donc le programme marathon que ce quadra énergique à l’ascension fulgurante et si prometteuse s’est imposé ; Il a démarré ce week-end sa tournée mondiale à Kaboul où il a rencontré le président afghan Hamid Karzai, l’Afghanistan (tout comme le Pakistan) étant le lieu où l’Amérique doit concentrer ses efforts dans la guerre contre le terrorisme. A Bagdad, lundi (son dernier voyage en Irak remontait à janvier 2006) il a à nouveau réaffirmé son intention de retirer la majorité des troupes américaines en 2010, fort du soutien du premier ministre irakien Nouri Al-Maliki et a renouvelé ses critiques face à une administration Bush qui s’est trompée de cible en visant l’Irak. But clairement affiché : se présenter comme un " commander-in-chief " plausible, un leader de stature internationale et mettre un terme aux accusations quant à son jeune âge (il aura 47 ans dans deux semaines) et sa relative inexpérience (il n’est sénateur " que " depuis quatre ans s’offusquent les républicains !)

Dans les pas de JFK
Pas de visite dans la petite ville japonaise d’Obama officiellement prévue mais bien d’autres " nouvelles frontières " à franchir pour ce jeune candidat, un vrai changement là encore, alors même que George Bush s’était vanté de ne connaître que le Mexique et le Canada avant d’être élu président…
Après le Moyen-orient, Israël et la Jordanie aujourd’hui et mercredi, Obama mettra le cap sur l’Europe : outre la Grande-Bretagne et la France (vendredi), sa visite est très attendue en Allemagne, à Berlin jeudi. Quelque peu contreversée aussi depuis qu’Obama a été invité par le maire de la ville à s’exprimer à la porte de Brandebourg, là-même où Kennedy avait prononcé son célèbre discours " Ich bin ein Berliner " il y a 45 ans. Choix contesté par certains Allemands, dont la chancellière Angela Merkel, qui rétorquent qu’un leader européen en campagne n’irait pas prononcer un discours devant la Maison Blanche ! Reste que si l’intention de ce " world tour " est tout à fait louable, cruciale même diront certains pour une Amérique qui doit se réconcilier avec le reste du monde, Obama ne prend là néanmoins pas de gros risques : sa cote de popularité en Europe est exceptionnelle (74% des Anglais, 82%des Allemands et 84% des Français le préféreraient à McCain, selon le centre de recherches Pew ), le planning et l’ordre du jour des visites a été finement calibré par son équipe de campagne et la répercussion médiatique qui en ressortira ne lui sera que bénéfique (les trois présentateurs vedette des chaînes de télévision CBS, ABC et NBC ont d’ailleurs embarqué à bord de son Boeing…)
De retour aux Etats-Unis la semaine prochaine, Obama repartira en tout cas avec la même vigueur politique, le même enthousiasme de " natural born orator " à la conquête de ceux qui pourraient le placer à la tête de la première puissance mondiale…

Destination finale : Denver, Colorado
Dernière date pour la tête d’affiche démocrate : la convention du parti démocrate à Denver, capitale du Colorado, le 28 août prochain, jour officiel du lancement de sa campagne présidentielle et, bonus symbolique, jour du 45ème anniversaire du tout aussi historique discours de Martin Luther King " I have a dream ". En choisissant pour son discours d’intronisation le stade d’Invesco Field, 75 000 places, il marche, là encore, dans les pas de son père, politique, en étant le premier depuis Kennedy à faire le choix d’un lieu immense hors de la " convention hall " (JFK avait attiré plus de 50 000 personnes au Memorial Coliseum de Los Angeles pour son discours d’investiture en 1960). Le but est double : outre la résonance médiatique à l’effet garanti (la couverture télévisée d’un tel événement sera à la hauteur de la symbolique à l’œuvre), il s’agit aussi d’envoyer un message d’ouverture aux électeurs, le lieu choisi pour la convention (le Pepsi Center) ne pouvant accueillir que 20000 personnes, les ténors du parti en grande majorité. Il espère aussi, une fois encore, faire sensation comme pour son rassemblement phénoménal de Portland, Oregon, en mai dernier lorsqu’il avait enflammé une foule galvanisée de 75 000 personnes (son plus gros meeting de campagne à ce jour). Sa tournée européenne et au Moyen-Orient lui aura en tout cas donné la stature internationale qui lui faisait jusque là défaut…

mercredi 25 juin 2008

Nouvelle Première Page sur Rue89

un article sur Ralph Nader est en ligne aujourd'hui sur Rue89.
le lien: http://www.rue89.com/

remarque: mon titre était: "La très résistible ascension de Ralph Nader". Personnellement, je le trouvais meilleur... allez, c'est pas très grave!

jeudi 19 juin 2008

Me lire sur La dépêche.fr

Je couvre dorénavant l'élection américaine pour le site Internet de La Dépêche du Midi. Pour me lire, allez dans la rubrique "Chroniques américaines":
"Enjoy your reading!" Et n'hésitez pas à poster des commentaires avisés, des critiques constructives et autres remarques personnelles, merci!

mardi 10 juin 2008

les bonnes nouvelles arrivent par 2!

première page sur Rue89 ce jour avec un article sur McCain:
http://www.rue89.com/

Nouveauté! 1ère page sur La Dépêche en ligne!

C'est officiel, vous pouvez dorénavant me lire sur le site internet de la Dépêche du Midi pour lequel je couvre les élections américaines. Premier article aujourd'hui:

"Fin de partie pour Hillary?"
http://www.ladepeche.fr/article/2008/06/09/458659-Fin-de-partie-pour-Hillary-Retour-sur-une-campagne-qui-pourrait-en-cacher-une-autre.html

vendredi 6 juin 2008

Mc Cain / Obama : le clash des générations ?

Après le rude combat qui l’a opposé à Hillary, rien n’est encore gagné pour Barack Obama dans le duel qui l’oppose désormais à John McCain. Si l’élection avait lieu ce jour, les sondages s’accordent à dire qu’ils se partageraient les voix à parfaite égalité .
Suivant le modèle –très controversé- de Samuel P. Huntington sur le " clash des civilisations " qui séparerait le monde en deux sphères culturelles à la rivalité si grande qu’elle n’aurait d’autre issue, à l’aube du 21ème siècle, que la confrontation imminente, peut-on dire que la nation américaine se trouve, elle aussi, au soir de la fin de partie primaire et à l’orée du 4 novembre, partagée en deux mondes tout aussi distincts : celui des électeurs jeunes et celui des " seniors " ? La présidentielle reflète en tout cas cette polarisation autour de deux candidats dont l’un pourrait très largement être le père de l’autre : Mc Cain, 71 ans, Obama, 46 ans. La question reste entière : Les jeunes peuvent-ils faire pencher la balance ?

" No country for an old man " ?
McCain soufflera en effet 72 bougies le 29 août prochain, le lendemain jour pour jour où le jeune Obama (47 ans le 4 août ) sera officiellement désigné par la convention démocrate à Denver et trois jours avant le début de la convention républicaine. Dit autrement, il aurait 75 ans à la fin de son mandat.. Y a-t-il là réelle source d’inquiétude ? Reagan n’avait-il pas été élu à 70 ans pour terminer son mandat à 78 ? La sphère politique américaine jusqu’alors préservée serait-elle, à son tour, en proie au jeunisme ? Il n’en resterait pas moins le président le plus âgé à entrer en exercice…
Invité de l'émission de divertissement "Saturday Night Live" sur la chaîne NBC il y a deux semaines, McCain avait pris le parti d’en rire.. Ainsi à la question du présentateur : "Je vous pose la question, qu'est-ce que l'on devrait chercher chez notre prochain président?", avait--il répondu :"certainement quelqu’un qui soit très, très, très vieux (…) L’important c’est de pouvoir regarder ses enfants dans les yeux. Ou, dans mon cas, mes petits-enfants, mes arrières petits enfants, mes arrières-arrières petits enfants, dont les plus jeunes approchent de l’âge de la retraite ! "
Une chose est sûre : on a l’âge de ses alter…ego ! En l’occurrence, un bilan catastrophique pour le parti républicain après 8 ans d’administration Bush. Héritage on ne peut plus encombrant, les adversaires démocrates n’ont eu de cesse que de jouer sur le thème : McCain, le troisième mandat de Bush ! Et ça marche : selon un sondage récent CBS/New York Times*, 58 % des américains ont une opinion défavorable du parti républicain (33 % seulement en ont une opinion favorable). Et la politique menée en Irak n’aidera pas les jeunes à soutenir le " Grand Old Party ". Ils avaient déjà massivement soutenu Kerry en 2004 (56%) contre Bush (43%) et selon l’enquête du Harvard University’s Institute of Politics*, les deux questions majeures de la présidentielle pour cette " generation next " (jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans, lycéens ou étudiants de fac) sont l’économie (29%) et … la guerre en Irak (20%) bien avant la santé (9%) et l’environnement (5%). Plus inquiétant encore pour le camp républicain : ils sont 58% à penser que " globalement, les choses vont plutôt mal en Amérique " (seuls 10 % trouvent que la direction est plutôt la bonne). Pour James A. Leach, directeur de l’Institut politique de l’université de Harvard et ancien représentant, " cette campagne présidentielle pourrait tout à fait revenir à savoir lequel des deux candidats arrivera à inspirer et à mobiliser les jeunes ".*

Dans le duel McCain/ Obama, les jeunes votent pour le second !
Même si le sénateur de l’Arizona était le candidat le plus acceptable pour les moins de 26 ans au cours des primaires républicaines (devant Huckabee et Romney), il a face à lui un adversaire tout acquis au " vote jeune ". Ils étaient déjà à l’origine d’une " Obamania " redoutablement efficace au cours des primaires démocrates. Obama et ses armes de séduction massive lui valaient le soutien de quelques 70 % des jeunes contre 30% pour Hillary. Chiffres éloquents : si l’élection avait lieu en ce moment, ils seraient 53% à voter pour Obama, 32% choisiraient Mc Cain. Principale raison invoquée par ces jeunes à l’âge de raison bien affirmé : le " besoin de changement " (25%), puis le " personnage " d’Obama lui-même (16%). A la même question sur Mc Cain, seulement 2% invoquent son " personnage "…31% expriment leur accord avec son programme.
Affaire pliée ? Pas si vite ! 225 millions d’Américains sont des électeurs potentiels et ces 30 millions de " jeunes " en âge de voter qu’on n’a pas besoin, d’ailleurs, d’appeler " juniors " par crainte de les offenser, pèsent moins que les quelques 37 millions d’ " elderly ", ces " séniors " de 65 ans et plus qui représentent 12% de la population américaine actuelle (299 millions selon le dernier recensement de juillet 2006). Or ces électeurs plus âgés voteraient nettement moins facilement pour Obama (ils étaient très majoritairement pro-Hillary pendant les primaires). Et que dire des 75 millions de " baby boomers " (41 à 59 ans) ? Selon les tout derniers sondages, ils sont divisés à égalité parfaite : Mc Cain=45%, Obama = 45% ! Il reste 5 longs mois de campagne acharnée avant le D-Day du 4 novembre, 5 mois pour sceller l’union d’un candidat avec le peuple américain tout entier, pour le meilleur (ajuster les tirs, cibler l’électorat, emporter le vote populaire)… ou pour le pire : 5 mois aussi où des gaffes de campagne, bourdes rhétoriques et autres faux-pas stratégiques pourraient définitivement mettre l’un des deux front-runners K.O…

*Sources :
Sondage CBS/New York Times réalisé entre le 25 et le 29 avril 2008.
Etude du Pew Research Center du 9 janvier 2008 mise à jour le 6 juin.
Enquête du Harvard University’s Institute of Politics (IOP), Harvard Kennedy School : " Spring 2008 Survey ", 11 mars-1er avril 2008.

dimanche 1 juin 2008

Nouvel article sur Rue89

Voilà l'été... et les nouvelles sagas télé! Une première page sur Rue89...
www.rue89.com

lien complet de "à la une: médias":
http://rue89.com/2008/05/31/voila-lete-et-revoila-les-sagas-prefabriquees-des-teles